Projets d’aires protégées

Les projets d’aires protégées portés par la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh prennent d’abord racine dans la volonté de contribuer significativement à la préservation des milieux naturels et à l’atteinte des objectifs de conservation à l’échelle internationale.

Ces initiatives reflètent également notre désir de faire rayonner notre culture et de la maintenir vivante par ces projets. Le territoire, témoin de nos savoir-faire en matière de développement durable, doit être protégé.

La concrétisation de telles initiatives est bénéfique pour les Pekuakamiulnuatsh, pour l’ensemble des Québécois ainsi que pour les générations futures.

Le processus de création d’une aire protégée

Généralement, un projet d’aire protégée suit les étapes suivantes au sein du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parc (MELCCFP) :

  • Identification du territoire : Définition de la zone présentant un intérêt écologique, culturel ou patrimonial.
  • État des connaissances : Compilation des données existantes sur le territoire de nature écologique, culturelle et patrimoniale.
  • Consultation interministérielle : Consultation au sein de plusieurs ministères pour évaluer le projet et ainsi apporter des commentaires au proposeur.
  • Consultation publique : Consultation généralement menée par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
  • Décision gouvernementale : Décision de la création officielle de l’aire protégée généralement par décret.
  • Mise en œuvre : Statut définitif donné; désignation d’un gestionnaire par le gouvernement; mise en place de mesures de gestion et de surveillance.

Historique de la démarche

2004

L’Entente de principe et d’ordre général (EPOG) liée à la négociation globale du traité Petapan intègre plusieurs territoires d’importance culturelle pour les Pekuakamiulnuatsh. Ces territoires sont identifiés comme site patrimonial, innu-assi et parc innu.

2013

De la volonté des acteurs régionaux, les sites patrimoniaux de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh sont proposés par la Table régionale d’analyse de carence en aire protégée du Saguenay–Lac-Saint-Jean en 2013. Déjà à l’époque, le projet du lac Alek et l’agrandissement de la réserve aquatique projetée de la rivière Ashuapmushuan y sont présentés.

2022

Un financement d’Environnement et Changement climatique Canada permet de reprendre les projets d’aire protégée pour les faire cheminer auprès du ministère. La même année, le comité de coordination de création des projets d’aire protégée ilnu voit le jour au sein de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan.

2023

Une présentation est faite au ministre Benoit Charette (alors Ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs) au Musée ilnu de Mashteuiatsh.

2024

Plusieurs sorties de reconnaissance aux fins de documentation des territoires sont faites par l’équipe Droits et protection du territoire. Un document qui fait l’état des connaissances actuelles est en cours de rédaction pour chacun des projets d’aires protégées.

Les katipelitakau directement touchés par les projets ont été contactés, informés et rencontrés lorsqu’ils le souhaitaient pour se prononcer sur ces projets. Leurs besoins et leurs visions ont appuyé l’argumentaire pour la concrétisation des projets d’aires protégées.

Automne 2024

Appel à projets d’aires protégées en territoire public méridional

En parallèle à notre démarche, le gouvernement du Québec lance en juin 2024 un Appel à projets d’aires protégées en territoire public méridional ouvert à toute personne, groupe ou organisation. Les proposeurs avaient jusqu’au 15 octobre 2024 pour déposer leurs projets au ministère.

Cette étape franchie, les projets sont analysés par les différents ministères concernés ou ayant un intérêt dans les territoires proposés. S’ensuivent en 2025-2026 les concertations régionales menées par les Conseils régionaux en environnement (CRE).

Pour les Premières Nations, il était possible de présenter les projets directement au ministre. Toutefois, en passant par ce canal, nous avons la charge de mener à bien la concertation régionale. De cette manière, nous interpellerons les acteurs régionaux directement concernés par les projets d’aires protégées pour connaître leur vision et préoccupations sur les propositions.

2026 (en cours)

La concertation régionale est une démarche collaborative ayant pour but d’ouvrir la discussion sur les projets d’aires protégées avec les divers acteurs des territoires concernés.

Ces parties prenantes peuvent inclure des représentants :

  • du secteur économique (comme les industries)
  • des autorités municipales
  • du domaine touristique
  • des gestionnaires de territoires fauniques (ZEC, réserves fauniques, pourvoiries, etc.)
  • de la société civile.

Ce processus s’échelonne jusqu’à la fin de 2026.

En janvier 2026, des ateliers rencontre sont prévus pour mobiliser les membres de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh autour des projets d’aires protégées. Les dates sont les 26, 27 et 30 janvier entre 9h et 12h.

Étapes subséquentes

Dans l’éventualité que les projets soient sélectionnés dans le cadre du présent Appel à projets, la mise en réserve du territoire, généralement par décret sera la première étape pour protéger les secteurs des exploitations. Par la suite, un comité directeur et un comité technique pourraient être créés pour travailler les paramètres et modalités des propositions.

Bien que ce soit le gouvernement du Québec qui décide d’appuyer les projets d’aires protégées, le droit des Premières Nations à l’autodétermination permet d’imaginer la conservation autochtone de façon plus autonome. Les réflexions en ce sens ont débuté et la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh sera prête à concevoir une toute nouvelle façon de faire afin de protéger le territoire.