Projet d’aire protégée Onistagane-Otish

Le projet Onistagane-Otish reflète l’histoire de la Première Nation tant sur le plan de l’occupation du territoire par les Pekuakamiulnuatsh que de l’utilisation pour les échanges avec les allochtones.

Le secteur proposé n’en est pas à sa première tentative d’entrer dans le réseau des aires protégées du Québec, plusieurs personnages historiques en ont fait l’éloge auprès des gouvernements. D’Albert Peter Low, géologue canadien, en passant par le célèbre botaniste Jacques Rousseau, des chercheurs aux expertises variées ont parcouru le Nitassinan. Tous ont été accompagnés de guides ilnuatsh, d’abord recrutés pour leurs connaissances du territoire, c’est leur grande expertise pour la vie en forêt qui mena au succès des chercheurs de l’époque. La débrouillardise, la force physique et mentale ainsi qu’une capacité d’adaptation face aux aléas de la nature, ne sont que quelques qualités essentielles au déplacement sur Nutshimitsh.

Plusieurs noms ressortent des récits d’explorations et nous devons les mettre en lumière pour leur contribution :

  • Prosper Cleary
  • Siméon Raphäel
  • Thomas Cleary
  • William Cleary
  • Joseph Nepton
  • Charles Buckell
  • Charles Courtois

« Ils ont fait l’admiration de tous ceux qu’ils guidaient et leur réputation devrait encore aujourd’hui provoquer notre admiration, à nous tous québécois, afin que l’on se souvienne à quel point ils étaient admirables, à plus d’un point de vue. »
(Alain Hébert, consultant aire protégée)

Portait du projet d'aire protégée

Superficie

16 726,76 km2 ce qui représente 1,12 % du territoire terrestre du Québec et 17.4% de la région du Saguenay / Lac-Saint-Jean.

Statut demandé

Parc national.

Particularités

Le plus haut sommet de la chaîne des monts Otish est le mont Yapeitso (1 128 m).

Le territoire visé se situe à 330 km de Mashteuiatsh à vol d’oiseau. Il est traversé par le 52e degré de latitude nord et le 71e degré de longitude ouest.

Espèces répertoriées

On y dénombre plusieurs espèces typiques de la forêt boréale dont : l’orignal, le lièvre, la martre d’Amérique, le loup et une forte présence du caribou forestier.

41 espèces de champignons ont été répertoriés dans la partie nord dans les monts Otish.

Un partenariat avec l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador a permis à Pekuakamiulnuatsh Takuhikan de collaborer sur un projet de suivi des oiseaux boréaux, avec l’expertise du Service canadien de la faune. Les données recueillies permettront d’identifier les espèces migratrices qui viennent nicher dans la forêt boréale en provenance de l’Amérique du Sud.

Shikute (chicouté) au pied du mont Yapeitso
Shikute (chicouté) au pied du mont Yapeitso.

Portrait du territoire

La rivière de la Grande-Loutre

Depuis des millénaires, les ilnuatsh ont utilisé la rivière de la Grande Loutre pour effectuer le chemin de canot permettant de joindre la rivière Péribonka, en amont du lac Onistagane, jusqu’au lac Témiscamie. Celui-ci, donnant accès au bassin hydrographique de la baie James et au village Cri de Mistissini. Ainsi, cette rivière au lit d’écoulement exceptionnel est une voie de déplacement idéale dans un axe ouest-est et est-ouest.

Une expédition à l’été 2025 a permis de relever des portages non répertoriés toujours visibles, mais surtout toujours vivants. Les espèces fauniques les empruntent et les entretiennent. Malheureusement, certains portages jadis répertoriés n’existent plus, effacés du territoire soit par le passage des feux de forêt, soit par les coupes forestières.

La rivière de la Grande-Loutre du projet d'aire protégée Onistagane-Otish
La rivière de la Grande-Loutre.

Lac Onistagane

Nous retrouvons sur les rives du lac Onistagane plusieurs vestiges de la présence des Pekuakamiulnuatsh. Principalement des sites d’occupation tel que des sites de tentement, mais également des sépultures sur la rive jadis occupée par la mission Jésuite. Ces lieux abritent assurément toujours les esprits du passé, leur présence est palpable à travers les arbres et la brise du vent. Ils revêtent un caractère sacré auquel nous devons respect.

Lac Onishtagane et ses deltas
Lac Onistagane et ses deltas.

Pivot hydrographique du Québec

La partie nord du projet de parc où se situe le mont Yapeitso est un pivot hydrographique toujours intact. Trois bassins versants y trouvent leur source : le bassin versant du Saguenay-Lac-Saint-Jean, celui de la Baie-James et celui du fleuve Saint-Laurent nord-est.

La rivière aux Outardes, la rivière Péribonka et la rivière Témiscamie sont les principales artères de toute l’eau qui s’écoule au Québec dans chacun de ces bassins. Ainsi, la protection de la tête des rivières est incontournable compte tenu du fait que certaines ont été harnachées. Protéger leur source est essentiel.

Mont Yapeitso
Mont Yapeitso.

Les tourbières réticulées

Le projet de parc Onistagane-Otish abrite l’une des plus vastes tourbières réticulées du Québec. Située dans le secteur ouest du projet, elle fait 52 km2 et sa voisine de l’autre côté de la rivière Péribonka, fait 25 km2. Les tourbières réticulées sont des milieux humides très particuliers où s’alternent des lanières de végétation et des bandes d’eau.

Étonnamment, des castors y ont trouvé refuge, plusieurs huttes peuvent être observées dans la tourbière. Ce qui étonne dans ce phénomène, c’est que l’alimentation du castor est habituellement constitué d’essences feuillues, alors que ce secteur contient majoritairement des essences résineuses.

Projet d'aire protégé Onistagan-Otish - Tourbière réticulée
Tourbière réticulée.

Les Montagnes Blanches

Situées du côté est du parc, les Montagnes Blanches font partie de la province géologique du Grenville. Reposant sur un socle de granite gneissique et de migmatite, qui s’est déposé il y a des milliards d’années, les Montagnes Blanches sont composées principalement par un immense dépôt d’anorthosite, dite « l’anorthosite de Pambrun ». Les surfaces apparentes et altérées de ces sommets varient de grises à blanches, ce qui aurait donné le nom de Montagnes Blanches à ce massif montagneux séparant les bassins hydrographiques de la rivière Péribonka et de la rivière-aux-Outardes.

Ce sont les géologues E. H. Chown et T. Hashimoto qui ont les premiers documenté cette formation lors de leur expédition, en 1965, dans les environs du lac Pambrun enclavé au nord-est des Montagnes Blanches. Les eaux de la région du lac Pambrun se déversent ultimement dans la rivière Péribonka par les entremises des rivières Montagnes Blanches et Savane. Tout le long des escarpements nord-ouest des Montagnes Blanches, le dénivelé varie de 400 à 1 200 pieds de hauteur. Le lac Pambrun a été ajouté dans le périmètre du territoire à l’étude du projet de parc Onistagan-Otish, comme un émissaire important de la rivière Savane.

Dans la pénéplaine du côté ouest des montagnes, on voit nettement les cicatrices des stries glaciaires et de longs eskers suivant la même direction que l’alimentation du lac Pambrun.

Esker de la rivière Péribonka
Esker de la rivière Péribonka.

L’énigmatique lac Piacoudie

La rivière qui alimente cette immense cuvette se situe tout à côté de son déversoir. Donc, au premier coup d’œil on a l’impression que ce lac ne se décharge pas où il devrait normalement, c’est-à-dire vers le sud. Nous sommes ici face à un effet de barrage tectonique indu par la position des Montagnes Blanches. La cuvette du lac Piacoudie représente un phénomène hydrologique d’une grande rareté au Québec. Ce phénomène est à la fois associé aux formations géologiques particulières à cette région, au labourage du dernier glacier, de la fuite des eaux de fontes suivant le relèvement isostatique qui a suivi.

La présence et l’effet barrière des Montagnes Blanches favorise la contribution au bassin supérieur de la rivière Péribonka que l’on désire protéger de façon intégrale par le projet de parc Onistagane-Otish.

Lac Piacoudie
Lac Piacoudie.

La rivière Péribonka

La grande vedette du parc Onistagan-Otish est sans nul doute la rivière Péribonka qui sillonne le territoire sur 547 km du Pekuakami jusqu’à la tête de la rivière au lac Arthur-Genest. La rivière Péribonka est notoire tant pour son histoire que pour sa grande valeur écologique.

Rivière Péribonka
La rivière Péribonka.